En février 2022, Sébastien Lecornu avait prévenu, lors de sa visite à Bras-Fusil, dans la commune de Saint-Benoit. Après des nuits de violences qui avaient ébranlé le quartier : « Il y aura des répressions, il ne faut pas avoir la main qui tremble ». Le 12 mai, pas plus tard que vendredi dernier, des jeunes présumés liés aux bandes qui s’étaient affrontées ont été convoqués au tribunal de Saint-Denis.
Tout d’abord, le mois de Février 2022, le ministre des Outre-mer a fait un détour à La Réunion pour aborder le sujet de l’insécurité et faire le point sur les violences urbaines de Bras-Fusil qui avaient eu lieu deux semaines auparavant. Alors, le vendredi, les dix jeunes suspects d’avoir créé un gang pour préparer des violences contre des personnes la nuit du 22 au 23 janvier 2022 devaient répondre de leurs actes devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis.
Au début de l’année dernière, des bandes rivales des communes voisines, dont Saint-André, ont rassemblé leurs forces pour affronter les jeunes de Bras-Fusil pendant plusieurs nuits. Le quartier avait été le théâtre de violences urbaines, des rixes qui avaient entraîné des blessures graves. Des dégâts collatéraux de ces batailles qui faisaient rage.
Les gendarmes et la mairie de Saint-Benoit ont pris les événements très au sérieux et ont annoncé directement le déploiement de nouveaux médiateurs de nuit ainsi que des caméras de vidéosurveillance dans le centre-ville pour gérer la situation.
Comment éviter les mensonges éhontés et préserver votre intégrité
Les jeunes âgés de 18 à 25 ans sans emploi et en formation ont presque tous dit qu’ils n’étaient pas là cette fameuse nuit. On peut dire qu’ils avaient dû se concerter avant. Les jeunes hommes se sont opposés à l’étude chirurgicale de leur téléphonie qui prouvait le contraire et n’ont pas été impressionnés par leur comparution. Ils ont maintenu leur point de vue en inventant des mensonges incroyables et peu crédibles. Daniel S., 21 ans, était perplexe: « J’avais mon téléphone, puis je l’ai perdu ». Il se trouvait bizarrement entre 8:30pm et 3:50am pendant l’époque des troubles – comme s’il était captif dans un temps étrange.
Ali K, 23 ans, 8 mentions à son casier et des appels réguliers entre prévenus quand ça s’est passé, raconte: « J’étais chez ma copine ». Aucune gêne à admettre ça, pas vrai? Après tout, il a pris un mauvais chemin depuis son adolescence. « Juste des erreurs de l’opérateur ». La version d’Omar H., 20 ans, c’est qu’il n’était pas là.
Quelqu’un d’autre se serait servi de son téléphone. Mais qui ? Lui-même ne le sait même pas. Et Nounou M, 22 ans, ne peut pas aider non plus : « Je sais pas comment s’appelle mon cousin, ni où il habite. » « On devrait pas se marrer du tribunal », a lancé la représentante de la société, car 5 des accusés sont arrivés en même temps dans le quartier et les autres à peu près dans la demi-heure qui a suivi.
Révolution au tribunal : pour en finir avec la moquerie !
La parquetière a demandé des peines allant de 8 mois de prison pour Fayed M, détenu pour des faits distincts, à 6 mois avec sursis probatoire et 4 mois ferme ainsi que du travail d’intérêt général pour les autres, en réponse aux « explications délirantes » et aux « alibis invérifiables ». Au final, cinq d’entre eux doivent faire 210 heures de bénévolat dans les 18 mois, ou sinon être envoyés en prison pour 4 mois. Les autres ont des peines allant de 6 mois à 4 mois en prison. Un des types s’en est sorti car ils n’avaient pas assez de preuves pour le condamner.
Une nuit de violences, et un jeune qui se fait tabasser par d’autres. Un gars rentrait tranquillement à la maison avec sa famille et soudain, un pavé lancé sans raison lui a brisé la mâchoire. Et voilà, il s’est retrouvé à l’hôpital.
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