Un gendarme du Tampon était jugé ce jeudi pour violences par une personne dépositaire de l’autorité publique. En février 2022, une vidéo circulant sur internet le montre mettant un coup de taser à un homme devant la gendarmerie du Tampon avant de lui donner plusieurs coups de pied. Il a été condamné à 4 mois de prison avec sursis.
Tout d’abord, un gendarme a été reconnu coupable de violences et condamné à 4 mois de prison avec sursis à Le Tampon. Le procès s’est tenu en l’absence de l’accusé. Qui ne réside plus à La Réunion. Il est représenté par l’avocat Farid Isse. La victime n’est pas venue à l’audience. Elle n’a pas déposé plainte, ni souhaité se porter partie civile.
La situation dans laquelle se déroule la scène
Des jours seulement après que la première vidéo ait été partagée, une autre a circulé, bien moins populaire. Une scène filmée par un conducteur montre la victime vêtue d’un simple slip devant la gendarmerie du Tampon. L’homme martelait le portail de la gendarmerie et proférait des injures aux soldats.
En février 2022, un enregistrement partagé par le QG Zazalé avait retenu l’attention. La vidéo tournée depuis un appartement à proximité de la gendarmerie du Tampon montrait trois gendarmes en train de discuter avec un homme assis au sol. L’un d’eux s’est approché et a utilisé un taser sur lui, le laissant évanoui. Le militaire se prépare à effectuer trois coups de pied.
En suite, la médiatisation de l’affaire a eu pour conséquence une réaction immédiate de sa hiérarchie. Il a alors été puni par un congé sans solde de 7 mois et une rémunération réduite à 700 euros. De plus, il a perdu son titre d’Officier de police judiciaire (OPJ). Le policier a été transféré dans la métropole avec le pouvoir d’enquêter. Pendant ce temps, le procureur de Saint-Pierre a lancé une enquête concernant les violences exercées par un représentant de l’autorité publique et la dénonciation calomnieuse.
D’après les informations recueillies dans le voisinage. Un homme s’est présenté devant le portail de la gendarmerie aux alentours de 5 heures du matin. Il s’est mis à donner des coups de pied furieux en criant. Qu’il voulait être arrêté et il n’a pas hésité à exhiber ses parties intimes aux agents. Alors, il a même téléphoné à la gendarmerie de Saint-Denis pour demander à être arrêté. Car il n’avait pas respecté ses obligations légales imposées par le tribunal.
À 5h45, trois gendarmes appartenant à différentes unités et qui ne se connaissaient pas sont arrivés de Saint-Louis pour former la patrouille de gestion des événements (BGE) de la nuit. Au cours de leur service de 5 heures, ils ont dû effectuer 6 interventions. Dont une embuscade à Saint-Louis où ils ont reçu des projectiles.
L’homme en caleçon était visiblement ivre. Il s’est mis à injurier les gendarmes. Ils ont alors commencé à l’arrêter. Et bien qu’il se soit soumis, il leur a montré le doigt. Il oscille entre calme et agitation. Malgré sa litanie d’insultes, principalement à l’encontre d’un gendarme. Ce dernier lui a ensuite donné un coup de taser, avant de lui asséner des coups de pied.
Les témoignages des acteurs principaux
Pendant sa garde à vue, le gendarme a mentionné qu’il avait remarqué que l’individu serrait les poings et se contractait pendant le menottage. Craignant qu’il ne tente de s’enfuir, le gendarme a alors décidé d’utiliser son pistolet à impulsion électrique. Il a retiré le percuteur pour réduire le recul et s’assurer que le fusil ne s’enraye pas. Il a également indiqué que les coups de pied qu’il donnait étaient des coups donnés à l’intérieur du pied pour le retourner.
Les déclarations des autres gendarmes sont variées. L’un d’eux est convaincu que les coups de pied étaient donnés avant le coup de taser. Mais les deux sont d’accord sur le fait que les violences n’étaient pas requises.
La victime s’est montrée pleine de compréhension envers l’action des gendarmes et a même exprimé ses excuses pour son attitude. « Je regrette que mes collègues soient tombés sur moi », a-t-il déclaré à l’officier qui enregistrait sa déposition. Il n’a donc pas voulu porter plainte et ne s’est pas engagé comme partie civile.
« C’est répugnant, mais il est assis ».
La procureure Caroline Calbo s’est retrouvée face à une situation compliquée, mais elle considère le gendarme impliqué comme un excellent officier de police judiciaire, ayant travaillé avec lui. Elle fait remarquer qu’il a résolu en peu de temps une affaire de viols remontant à 10 ans. Même si elle est consciente de la situation de la nuit, elle souligne que les gendarmes doivent toujours utiliser la force avec modération.
L’État a autorisé les gendarmes à user de violence légitime. J’insiste sur le fait que cette violence est légitime. Alors, la vidéo montre que la méthode des forces de l’ordre n’est pas appropriée, l’homme se trouvant assis, les mains liées dans le dos. Elle souligne l’importance de dire quand quelque chose va au-delà des limites et exige 3 mois de prison avec sursis et 300 euros d’amende pour la personne qui a commis ce comportement odieux et déplacé.
Maître Farid Isse insistera sur le fait que les gendarmes sont des êtres humains qui ont leurs propres peines et leurs préoccupations émotionnelles. Il soulignera que son client est terrorisé par les couteaux après avoir été poignardé à deux reprises. Maître Isse ajoute que l’homme avait probablement été impliqué dans un drame ayant eu lieu chez lui, ce qui expliquerait pourquoi il se serait rendu aux forces de l’ordre.
La robe noire indique que cette scène est une petite section d’un plus grand épisode. De plus, le gendarme qui est impliqué est à sa deuxième nuit consécutive avec seulement 7 heures entre les deux. Il souligne qu’il n’est pas possible de retenir des accusations diffamatoires, car la rébellion peut être justifiée. « Ce tribunal condamne des personnes pour des faits bien moins graves que ceux-ci », a-t-il rappelé.
Le tribunal correctionnel de Saint-Pierre a condamné le gendarme à 4 mois de prison avec sursis pour les violences, mais l’a exonéré des accusations de diffamation qu’il avait portées.
Un gendarme a été reconnu coupable de violences et condamné à 4 mois de prison avec sursis à Le Tampon.

